Arboretum – Bilan semaine

Les anciens nous disent que quand le sureau est en fleurs, alors c’est le temps de faire les foins.

Les anciens nous disent que quand le sureau est en fleurs, alors c'est le temps de faire les foins.

Semaine du 24 au 30 mai 2021

Nous avons commencé à faucher en début de semaine mais le temps était trop humide. Une grande partie de l’Arboretum ainsi que les bordures de chemins sont fauchées. L’aire de pique-nique est agréable et si la hauteur de fauche correspond à la possibilité de la faux, nos chevaux viendront tondre beaucoup plus bas.

Nos andains sont donc restés plus longtemps sur les bordures pour le séchage.

En effet, dans cet espace, il n’y a pas de gaspillage : l’herbe fauchée est séchée pour faire du foin. Tout est manuel, l’herbe est fanée avec le râteau et retournée plusieurs fois. Nous ramassons la végétation fauchée pour conserver un milieu pauvre et éviter les plantes nitrophiles et rudérales. Une plante nitrophile est une plante qui se développe préférentiellement sur les sols ou dans les eaux riches en nitrates. Ce nitrate provient généralement de la décomposition d’apports organiques liés aux activités humaines (engrais, dépotoirs, etc.). Les plantes rudérales sont des plantes qui se développent à proximité ou sur des décombres, dans les friches, sur les talus de gravats.

Certaines espèces ont des impacts sanitaires comme par exemple les pollens allergisants (par exemple l’Ambroisie à feuille d’Armoise).

Nature et biodiversité

Vous l’aurez compris, nous faisons au mieux pour satisfaire les promeneurs tout en préservant la biodiversité et la beauté de cet espace de promenade.

La plus simple définition que l’on puisse trouver de la biodiversité est donc la suivante : c’est la partie vivante de la nature. La biodiversité commence lorsque les premières cellules vivantes apparaissent. Ensuite, elle va se complexifier remarquablement puisque, aujourd’hui, on connaît un peu plus de deux millions d’espèces. C’est à dire des virus (ceux dont nous avons besoin), des bactéries, des fongis (les champignons), des plantes et des animaux. Tout cela constitue la biodiversité. Et toutes ces espèces se combinent entre elles pour fabriquer les écosystèmes, qui vont se complexifier eux aussi au fur et à mesure.

Une biodiversité préservée assure aussi une chaîne alimentaire où chaque espèce a son prédateur et son habitat. Sachez que les catastrophes écologiques sont souvent à l’origine des nouveaux virus contre lesquels nous ne sommes pas immunisés. Il est donc important de maintenir l’équilibre.

Avantages du pâturage extensif

Je parlais plus haut de l’intervention des chevaux dans l’aire de pique-nique. Pourquoi ?

Le pâturage extensif a pour objectif d’éviter la fermeture des milieux ouverts, de type prairial, en opposant aux forces végétales la pression antagoniste des herbivores. En limitant, voire en supprimant l’extension des ligneux sur le milieu, le milieu conserve un état d’ouverture, bénéfique pour la biodiversité faunistique et floristique.
L’impact des herbivores sur le milieu se fait par différents biais :

  • la dent : en broutant, l’animal limite le développement de la végétation et donc sa décomposition sur place (qui engendre un enrichissement, souvent signe à long terme d’une modification et d’un vieillissement du milieu naturel). On peut imager en disant que le pâturage permet de stopper l’évolution naturelle du milieu, ou de le maintenir à un stade plus jeune. Ce phénomène est particulièrement net dans les milieux eutrophes (voir ci-dessous).
  • le sabot : en se déplaçant en milieu humide et mou, l’action mécanique du cheval entraîne une grande diversité de la micro-topographie du sol, en créant des petites dépressions de taille et de profondeur variables. L’hétérogénéité du sol est très importante pour la diversité floristique et entomologique.
  • le *crottin : les excréments animaux, globalement dispersés, ont un rôle fondamental pour toute la faune coprophage, qui décompose la matière organique et sert de nourriture à de nombreux êtres vivants (oiseaux, insectes prédateurs…).

Un point nous paraît ici essentiel à l’indispensable équilibre biologique des milieux précieux : l’absence totale de tout traitement anti-parasitaire. En effet, le pâturage extensif est mis en place pour favoriser la biodiversité présente, en grande partie représentée par l’entomologie. Dans les milieux de grande richesse environnementale (comme les zones humides de la réserve naturelle), la présence de molécules anti-parasitaires peut s’avérer catastrophique pour toute la faune coprophage et les êtres vivants qui s’en nourrissent. Dans l’Arboretum, les chevaux Ganesh, Gaya et Epona n’ont jamais été vermifugés et sont en parfaite santé.

*Le crottin est ramassé sur l’air de pique-nique et dans l’Arboretum. ( Il est composté pour les jardins et potagers)

Author: Angélique

Chroniqueuse Littéraire Animatrice : Coach Organisation, Ateliers Bullet Journal, Psychologie positive Responsable associative maison-ecologique.org

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