La médiation équine comme outil thérapeutique

Le cheval est un animal sensible, capable d’absorber les angoisses, frustrations et peur, et de transmettre apaisement, sécurité et confiance. Il s’allie au thérapeute pour diminuer les symptômes d’un trouble du langage, de psychose infantile, de trouble envahissant du développement, d’hyperactivité, …

Ma pratique

La médiation équine comme outil thérapeutique

Le cheval montre son chemin à l’enfant ou à l’adulte, il l’autorise à s’exprimer, l’aide à surpasser ses peurs. L’animal ne porte aucun jugement, ne force à rien, ne critique pas. Le contact avec le cheval permettra de déclencher des émotions, de s’exprimer, de communiquer, et surtout, de reprendre confiance en soi.

Il permettra un moment de bien être et de partage qui compte aussi pour améliorer les capacités cognitives et potentialiser les apprentissages.

Un premier entretien au cabinet permettra de définir les besoins et les objectifs visés.

Le cheval peut permettre de travailler :

  • – la posture, l’équilibre
  • la gestion de l’angoisse, le déséquilibre
  • – la gestion de l’espace
  • la confiance en soi, l’estime de soi, la réussite
  • – le portage, la relaxation, le bien être
  • – la confiance envers l’autre, la communication
  • – la gestion de la frustration, l’impulsivité
  • – le ressenti de son propre corps
  • – l’acquisition de règles et de normes
  • – le développement de l’autonomie pour le soin

Cela implique un encadrement d’autant plus rigoureux qu’il doit être assuré par un professionnel de santé formé à l’écoute et à la relation d’aide.

Pour qui ?

Tout âge, en séances individuelles

Tarif : Première séance : 50€, Carnet de progression : 25€ Séances : 30 € (au bénéfice de l’Association)

Durée : 1 h à 2h

Les principes

Au cours des séances de médiation équine, le cheval est un intermédiaire relationnel entre le patient et le thérapeute. Il n’est pas en soi un thérapeute ni même un médiateur. Il est le support grâce auquel la médiation va être possible, car elle existe à la seule condition que le soignant reprenne, verbalise, donne du sens à ce qui se joue pendant la séance.

L’originalité de cette approche est peut-être bien là : le patient peut rêver, imaginer, projeter un peu de son histoire dans le cadre offert par la médiation, près du cheval ou sur lui. Mais il se confronte en même temps à la réalité de « l’objet » médiateur qui se trouve être à la fois vivant, communiquant, sociable. L’animal impose sa présence à l’individu selon ses qualités physiques propres (stature, aspect, odeur…) et ses qualités abstraites (modalités relationnelles), qui ont l’avantage d’être constantes. Le cheval ne juge pas la personne selon son aspect physique, son attitude ou ses pensées « bizarres ». Il réagit au comportement de l’individu selon qu’il le perçoit comme menaçant ou non, source d’inconfort ou de plaisir. À ce titre, il fait preuve d’une certaine régularité dans son comportement et dans les réponses qu’il fournit aux sollicitations, posant des limites immédiates et clairement identifiables. Il permet alors au patient de mieux repérer les comportements adaptés en fonction des contextes et, ainsi, d’aborder ce qui relève des codes sociaux, tout en laissant libre cours à son expression, quelle qu’elle soit, dans un cadre contenant.

Communication non verbale

La communication non verbale de l’animal permet un échange plus transparent, dans lequel les problèmes d’interprétation liés à la polysémie du langage n’ont pas cours. C’est peut-être pour ces raisons que lorsque la communication est « réussie », l’individu a le sentiment d’une complicité avec l’animal, de l’ordre d’une communication quasi « télépathique », fusionnelle, d’autant plus que celle-ci passe essentiellement par le corps. Lorsque le patient est sur le cheval, homme et animal ne font plus qu’un, dans un même mouvement. La façon dont ce portage est accepté, recherché, testé par le patient, est une information précieuse pour le soignant qui pourra adapter son intervention. Dans ce mouvement régressif, le but du thérapeute est d’aider le patient à se reconstruire dans un environnement sécurisant, en favorisant les expériences et les sensations agréables.

De manière générale, le plaisir éprouvé semble être un bon moteur pour motiver les personnes, parfois difficiles à mobiliser dans d’autres contextes. Les apprentissages ainsi effectués dans un cadre ludique et valorisant peuvent contribuer à l’amélioration de l’estime de soi.

Intérêts et limites de la médiation équine

L’un des intérêts de ce type de prise en charge est de pouvoir être proposé à la plupart des individus, quel que soit leur âge, et de concerner de nombreuses pathologies physiques ou mentales, ou seulement des fragilités ponctuelles. Les axes de travail peuvent être très variés et s’adaptent à beaucoup de problématiques. Généralement, les enfants constituent la population la plus ciblée par ce type de médiation. L’intérêt supposé des enfants pour les animaux en est peut-être la raison. De plus, l’aspect ludique du dispositif constitue certainement un atout lorsqu’il s’agit de travailler avec des enfants pour lesquels les équipes doivent redoubler d’ingéniosité et d’imagination dans le but d’éveiller leur intérêt (et le maintenir !).

J’ai accompagné plusieurs enfants ayant été victimes de maltraitances et de sévices sexuels. Dans ce cas, les séances sont l’occasion de réhabiliter un corps et un psychisme meurtris, en faisant découvrir à l’enfant des sensations corporelles agréables, en l’aidant à retrouver confiance en soi et dans autrui, et ainsi à redevenir acteur de sa vie.

Comme le jeu ou les médiations dites « plastiques », la médiation équine ne requiert pas un niveau de langage élaboré. La communication est essentiellement non verbale, ce qui facilite la relation, notamment pour de jeunes enfants ou des personnes plus âgées qui n’ont pas accès au langage. Lorsque les mots ne sont pas pertinents, les ressentis corporel et émotionnel représentent un bon moyen pour établir un contact.

Les séances

Bien sûr, la médiation équine n’est qu’une réponse parmi d’autres, et il existe d’autres médiations animales à visée thérapeutique. Les plus connues impliquent le chien ou le dauphin, mais le cheval a l’avantage d’être à la fois assez facile d’accès et de pouvoir être monté, ce qui n’est pas le cas des deux exemples précédents. En effet, les exercices sur et à côté du cheval permettent de travailler la respiration, la motricité globale, la motricité fine, le tonus, la latéralisation, la coordination ainsi que les aspects sensoriels.

Le respect des règles nécessaires au bon déroulement de l’activité (règles de sécurité, consignes, respect du groupe, de l’animal…) sont des éléments importants de cette prise en charge qui mobilise corps et esprit, ce qui en fait un outil intéressant pour les personnes en rupture sociale.

Le déroulement des séances avec moi se fait en pleine nature avec des chevaux habitués. Ce cadre permet une ouverture sur un environnement riche et stimulant, et est également l’occasion de partager des expériences avec une population tout-venant, ce qui participe au processus de réinsertion.

Conclusion

À une époque qui prône les résultats immédiats et l’amortissement rapide des prises en charge, car coûteuses, la médiation équine invite à prendre le temps. Le temps d’écouter, de comprendre et d’apprendre à son rythme. Même si, pour les acteurs de ce dispositif (patients, soignants, moniteurs, famille), les effets sont généralement visibles, et parfois spectaculaires, les progrès apparaissent sur le long terme et doivent se confirmer dans le temps.

C’est pourquoi un effort d’évaluation doit être mené (carnet de progression). Non pour céder aux pressions de rentabilité, mais pour mieux connaître cette approche et ainsi proposer des moyens d’intervention adaptés aux personnes en difficulté. Dans ces conditions, la médiation équine comme outil thérapeutique ouvre certainement une voie prometteuse pour la prise en charge de personnes souffrant de troubles physiques et-ou psychiques, et semble pouvoir justifier sa place au sein d’une prise en charge multidimensionnelle.

Author: Angélique

Chroniqueuse Littéraire Animatrice : Coach Organisation, Ateliers Bullet Journal, Psychologie positive Responsable associative maison-ecologique.org

3 thoughts on “La médiation équine comme outil thérapeutique

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