Le Dernier Écrivain

Bonjour et bienvenue à toutes et tous pour la chronique du Vendredi

Le Dernier Écrivainpar Elsa de Bono - sorti le 2 nov. 2021

« Un livre est une fenêtre par laquelle on s’évade » Julien Green, écrivain américain de langue française, premier étranger membre de l’Académie Française.

« Chaque lecture est un acte de résistance. Une lecture bien menée sauve de tout, y compris de soi-même » Daniel Pennac

 

Quelques mots sur l’auteur et le livre

Elsa de Bono est née à Bayonne et vit dans la région des Grands Lacs des Landes. Docteure en littératures française, francophone et comparée, le sujet de sa thèse interpelle le personnage de la fée au Moyen Âge. Un monde imaginaire qu’elle aime fréquenter et réinvestir dans ses écrits. Amoureuse de la langue française, elle a reçu deux prix de poésie. C’est ce même amour qui l’a poussée à enseigner durant de nombreuses années dans les lycées et collèges, et surtout dans un atelier relais pour élèves en rupture scolaire, parce que transmettre et partager sa passion sont l’essence de sa vie.

 

  • Genre : DystopieUne fois n'est pas coutume, je vous présente surtout ce que m'a inspiré le roman, ce qu'il m'est resté après la lecture de ce roman captivant.
  • Éditeur : Ex Æquo
  • Nombre de pages : broché : 150

 

Une fois n’est pas coutume, je vous présente surtout ce que m’a inspiré le roman, ce qu’il m’est resté après la lecture de ce roman captivant.

 

Les livres et nous

 

Nous profitons de la lecture dans le ventre maternelle. Beaucoup de mamans s’adonnent à la lecture entre autre durant leurs grossesses. C’est par la vibration des mots, des sentiments que l’enfant à naître évolue.

Plus tard, avant la visite du marchand de sable, les contes nous bercent dans des pays enchantés. Ils sont peuplés d’autant de fées, de héros, de magiciennes que d’ogres ou de méchants dragons. Devant nos yeux émerveillés se déroulent de folles aventures et nous nous endormons avec des histoires plein la tête.

Un peu plus tard, nous commençons l’apprentissage de la lecture. Nous embarquons désormais seuls dans des univers fabuleux, rocambolesques et fantastiques souvent très différents du nôtre. Dans notre imaginaire, nous sommes devenus les héros. Assis au milieu d’un pré, le long d’un cours d’eau ou sur une plage, nous rêvons éveillés de contrées lointaines, d’aventures extraordinaires dans ces flots de mots qui recouvrent les pages.

Adultes, nous « précisons » nos goûts, nos choix de lecture. Certains oublient leurs rêves d’enfants et trouvent la lecture futile.

Les avantages de la lecture

Je rappelle, au passage, que la lecture est un bienfait. Elle lutte contre le vieillissement du cerveau, elle améliore la mémoire, la concentration et l’esprit d’analyse. Elle accroît nos connaissances et elle fait toujours travailler notre imagination et ce, quelle que soit l’âge.

Le livre et moi

Dans le ventre de ma mère, j’ai été bercé, sous le règne de Louis XIV, par Angélique Sancé de Monteloup et Joffrey de Peyrac. Je vis aujourd’hui avec une Angélique, c’est ma Marquise des Anges à moi.

Je n’irai pas jusqu’à dire que depuis, je n’ai cessé de lire mais presque. Je continue de rêver, de vivre les personnages, de créer mes décors et comme les fables, chaque livre raconte sa morale, son sujet de réflexion. Je chronique des livres d’auteurs indépendants pour les présenter, les faire découvrir. Je regrette qu’il n’y ait pas de salons privés pour les auteurs et lecteurs qui nous offrent le plaisir de discuter de leurs œuvres.

La lecture est indispensable à ma vie, à mon équilibre.

L’autoritarisme et les livres

Imaginez que demain, l’écriture et la lecture soient interdites.

Imaginez que demain, auteurs et lecteurs soient considérés comme des criminels et que nous soyons obligés d’assouvir notre passion de manière clandestine. (Auteurs et lecteurs seront toujours les bienvenus à La Fabrique du Bonheur). Seuls les écrits « utiles » sont autorisés par tous les gouvernements (courriers administratifs, etc.)

Dans tout régime dictatorial, en plus d’ethnies, peuples ou autres à supprimer; nous trouvons les philosophes. Chaque lecteur est un philosophe à part entière. Il ne l’est peut-être pas de manière scolaire mais s’il a compris la finalité du texte, du roman, il est capable d’en faire une synthèse.

Je n’imagine pas vivre dans un monde comme ça.

En bref et pour reprendre la chanson de Florent Pagny, parolier, Lionel Florence :

«Vous n’aurez pas ma liberté de penser»

Empêcher la lecture, c’est empêcher toute réflexion donc toute remise en question de l’autorité et il ne faudrait que très peu de temps pour y arriver.

Brève sur le livre

C’est ce qu’Elsa de Bono vous propose de découvrir dans son roman : « Le Dernier Écrivain »

Gab, une de ces rebelles, fait passer des livres sous le manteau. La police de l’Ordre Social vient d’assassiner Rosa, dernier écrivain. Le Service de Protection de l’Ordre Social est chargé de traquer auteurs et lecteurs. Paul est un membre haut placé de ces services et tente d’infiltrer un groupe de lecteurs en séduisant Gab. L’assassinat de Rosa va-t-il mettre fin à toute espérance de lecture et tout ce qui s’ensuit ? C’est ce que vous découvrirez en vous immergeant dans ce court et magnifique roman.

 

Mon avis

L’écriture est très soignée, très agréable à lire. Docteur en littérature française, francophone et comparée, Elsa de Bono sait s’adapter pour une lecture tout public. Au-delà du thème dur et angoissant, l’intrigue mêle des personnages d’un côté doux et attachants et de l’autre détachés de toute forme d’humanité. La manipulation y va bon train.

Le sujet de l’écriture et de la lecture sous un régime totalitaire dont nous ne sommes pas à l’abri est présenté de façon très originale. L’intrigue est prenante, pleine de suspense et de rebondissements. Le lecteur est tenu en haleine jusqu’au dernier paragraphe.

Il serait intéressant de décliner cet ouvrage à un très jeune public, de manière illustré pour que les enfants puissent, pour une fois, raconter une histoire aux parents qui ont oublier de rêver. Je vous conseille vivement cette lecture.

Je remercie Elsa de Bono et les éditions Ex Æquo pour leur confiance.

N’oubliez pas de lire !

Discussion autour de cette lecture

Podcast audio

Quelques extraits

C’est ainsi que l’on tue les révoltes, avant même qu’elles ne naissent.

La poignée d’irréductibles qui s’obstinait à lire était maintenant en danger, quelqu’un connaissait leur existence.

…/…

Ces lectures étaient rafraîchissantes, ahurissantes et bouleversantes. Tant d’émotions se dégageaient de ces écrits ! ils avaient aussi un côté subversif.

Pourtant, valaient-ils vraiment le danger qu’ils faisaient courir ?